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Stranger Cole : le ska et le rocksteady perdent un géant
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Stranger Cole : le ska et le rocksteady perdent un géant

Publié le par Ben Peronne

La Jamaïque pleure l'un de ses fils les plus précieux. Stranger Cole, pionnier du ska et du rocksteady, s'est éteint le 11 juin à Kingston. Il avait 83 ans et une carrière légendaire derrière lui.

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C'est une page immense de l'histoire musicale jamaïcaine qui se tourne. Wilburn Theodore Cole, alias Stranger Cole, nous a quittés jeudi dernier à l'University Hospital of the West Indies. Son fils Squiddly, batteur bien connu de la scène reggae, a confirmé la triste nouvelle.

Né en 1942 à Kingston, le bonhomme avait hérité de son surnom par sa propre famille. Personne ne lui trouvait de ressemblance avec les autres membres. Un "étranger" dans son propre foyer. Ça ne s'invente pas.

Sa carrière démarre en 1962 sous l'aile de Duke Reid. Le producteur le trouve d'abord trop jeune, mais finit par craquer. "Rough And Tough" explose dans les sounds. La machine est lancée. S'ensuivent des duos mythiques avec Patsy Todd, Hortense Ellis ou encore Gladstone Anderson. Le gars avait le flair pour repérer les talents aussi. Ken Boothe, The Techniques, Ijahman Levi... Tous sont passés par lui.

Et que dire de "Bangarang" avec Lester Sterling ? Ce titre se dispute encore aujourd'hui le titre de premier rythme reggae de l'histoire. Excusez du peu.



En 1971, Stranger s'envole pour l'Angleterre aux côtés de Max Romeo et Derrick Morgan. Deux ans plus tard, il pose ses valises à Toronto. Il y ouvre le premier commerce caribéen du quartier Kensington Market. Un disquaire, évidemment.

L'homme était infatigable. En décembre dernier, à 83 balais, il enchaînait encore six dates en Australie. On avait eu la chance de le croiser au Garance Reggae Festival en 2013. Un être humble, généreux, passionné. Une vraie leçon d'histoire vivante.

Nos pensées accompagnent sa famille et ses proches. Walk good, Stranger.