Biographie
Harrison Todd Stafford débarque sur Terre le 26 novembre 1977 à Pleasanton, banlieue tranquille de San Francisco. Pas vraiment le berceau du reggae, tu me diras. Pourtant, le gamin va devenir l'un des ambassadeurs les plus respectés de la musique jamaïcaine aux États-Unis.
Son éducation ? Un joyeux mélange. D'un côté, l'école publique américaine classique. De l'autre, la synagogue où il étudie la Torah et apprend l'hébreu. À la maison, son père fait swinguer le piano jazz pendant que son grand frère bombarde la sono de Bob Marley et Peter Tosh. Le cocktail détonnant prend forme.
Le jeune Harrison se passionne très tôt pour le rastafarisme et la culture de la diaspora africaine. Pas juste en écoutant des disques dans sa chambre. Non, le bonhomme veut comprendre, vivre, ressentir. À l'adolescence, il s'envole pour la Jamaïque et rencontre Mortimer Planno, figure mythique du mouvement rasta, mentor spirituel de Bob Marley lui-même. Rien que ça.
Direction ensuite la Sonoma State University pour étudier le jazz. C'est là que tout bascule. Harrison croise Marcus Urani et Ryan Newman. Le feeling passe instantanément. En 1998, les trois compères fondent Groundation. Un groupe qui va redéfinir les frontières du reggae en y injectant des doses généreuses de jazz et de spiritualité roots.
Premier album, Young Tree, en 1999. Le son est déjà là. Mais c'est avec Each One Teach One en 2001 que la machine s'emballe. Groundation prend l'habitude d'inviter les légendes jamaïcaines sur ses disques. Un pont entre générations qui deviendra leur marque de fabrique.
En France, le déclic arrive avec Hebron's Gate en 2003. L'explosion totale ? We Free Again l'année suivante. Le public hexagonal adopte ce grand gaillard américain qui chante Jah avec une sincérité désarmante.
Parallèlement à Groundation, Harrison multiplie les projets. En 2008, il enregistre Rockamovya avec les cofondateurs du groupe, un album teinté de jazz où apparaît le légendaire batteur Leroy "Horsemouth" Wallace. En 2011, il sort son premier album solo sous le nom de Professor – surnom affectueux donné par ses amis jamaïcains. Madness, enregistré après un long voyage en Israël et Palestine, porte un message de paix universelle.
La même année, son documentaire Holding On to Jah voit le jour. Un casting de rêve pour raconter l'histoire du reggae roots. Le professeur enseigne d'ailleurs cette histoire à son ancienne université. Le bonhomme ne fait pas semblant.
En 2016, One Dance confirme sa stature de musicien accompli. Album enregistré après un pèlerinage en Jamaïque avec ses musiciens, il capture l'essence même de cette île magique.
Harrison Stafford incarne un reggae exigeant, spirituel et techniquement irréprochable. Un pont vivant entre Kingston et San Francisco.