REGGAE VIBES

Albums Ska

Réinitialiser

Ska : le big bang de la musique jamaïcaine 

Tout commence ici. Avant le reggae, avant le rocksteady, avant le dub, il y a le ska. Premier style pop urbain véritablement jamaïcain, le ska émerge à la fin des années 1950 de la fusion du jazz, du rhythm and blues américain et des musiques caribéennes comme le mento et le calypso. Une alchimie explosive, née dans les ghettos de Kingston, qui va littéralement changer la face de la musique mondiale.  

Le ska se caractérise par l'accentuation des contretemps, assurée par la guitare et le piano exécutant des accords brefs et syncopés. Ce renversement rythmique que le guitariste Ernest Ranglin décrit comme le passage du chink-ka au ka-chink. Une pulsation irrésistible, une énergie brute, des cuivres qui claquent. Quand le ska tourne, impossible de rester immobile.

Kingston, 1962 : l'indépendance et le son

Le son ska coïncide avec le sentiment de liesse entourant l'indépendance de la Jamaïque en 1962, un moment commémoré par des titres comme Forward March de Derrick Morgan ou Freedom Sound des Skatalites. La Jamaïque se libère politiquement et musicalement en même temps. Les premières sessions d'enregistrement ska se déroulent dans des studios comme Federal Records, Studio One et WIRL Records à Kingston, avec aux commandes des producteurs comme Clement "Coxsone" Dodd, Duke Reid et Prince Buster.

Les architectes du son 

Don Drummond, tromboniste, compositeur et arrangeur des Skatalites, est considéré comme le musicien central de l'ère ska, aussi essentiel au développement du style que Bob Marley le sera au reggae. Les Skatalites sont alors décrits comme "l'assemblée de talents la plus redoutable que la Jamaïque ait jamais connue dans un seul groupe". Autour d'eux gravitent des figures fondatrices : Prince Buster, architecte du son et "voix du peuple", Toots Hibbert, Laurel Aitken, Desmond Dekker, ou encore les jeunes Wailers, alors un simple trio vocal de ska en quête de leur première grande chance.

C'est Prince Buster qui ouvre la porte internationale au ska avec son album I Feel The Spirit, d'abord édité sur son label Buster Wild Bells, avant d'être distribué au Royaume-Uni par Blue Beat Records. Dans la foulée, Millie Small s'y engouffre avec My Boy Lollipop, propulsée à Londres par Chris Blackwell, fondateur d'Island Records. Le ska quitte Kingston pour conquérir le monde.

Trois vagues, une seule révolution 

L'histoire du ska se divise en trois grandes périodes : la scène jamaïcaine originelle des années 1960, le mouvement 2 Tone britannique de la fin des années 1970, et la troisième vague américaine des années 1980-90. En 1979, Jerry Dammers fonde le label 2 Tone avec The Specials en tête de file, réhabilitant l'esthétique rude boy et le damier noir et blanc, symbole d'unité entre Noirs et Blancs dans une Angleterre fracturée. Madness, The Beat, The Selecter : une nouvelle génération s'empare du ska et le réinvente sans le trahir.  

Le ska ne s'est jamais arrêté. Il a simplement mué en rocksteady, puis en roots reggae avant de revenir, encore et encore, revendiquer sa place comme l'une des musiques les plus vitales du XXe siècle. Explorez ci-dessus notre sélection complète d'albums pour retracer ce parcours fondateur.